CIS LE MANS – SDIS 72
Le Mans (72)
Une implantation issue du site et du programme
La conception du projet résulte d’une lecture attentive du site et de ses contraintes : parcelle peu généreuse au regard du programme, orientation des vents dominants, présence d’un espace boisé et d’un massif arbustif à préserver, prescriptions d’implantation de la zone et nécessité d’offrir une façade qualitative sur l’espace public. Ces paramètres ont naturellement orienté le parti architectural vers une solution compacte, lisible et durable.
Pour des raisons d’usage, d’économie de plateformes, de performance énergétique et de maintenance, le projet privilégie une organisation dense, avec un hébergement implanté en étage uniquement. La maison à feux est traitée en mitoyenneté fonctionnelle avec le centre de secours, tout en conservant une indépendance d’usage.
L’implantation générale répond conjointement aux objectifs HQE du programme et aux exigences fonctionnelles liées aux flux des véhicules, du personnel en intervention et des utilisateurs en formation.
Une compacité fonctionnelle et évolutive
Le projet s’inscrit dans une démarche volontaire en faveur du développement durable, traduite par une compacité maximale du bâti. La remise, les bâtiments de vie, les espaces sportifs et la maison à feux forment un volume structuré autour de deux entités clairement identifiées :
- Le pôle sportif,
- Le pôle centre de secours et maison à feux.
Ces deux entités sont reliées par un angle bâti permettant un léger désaxement, conforme à l’implantation des parcelles voisines et favorable à l’insertion urbaine.
La remise véhicules est positionnée à l’angle nord-ouest de la parcelle. Cette implantation garantit un départ rapide en intervention, une surveillance efficace de la voie d’accès, une liberté d’usage du reste de la parcelle pour les fonctions connexes et la possibilité de dissimuler la maison à feux entre les bâtiments et l’espace boisé. Elle offre surtout des perspectives d’évolution importantes, avec la possibilité de créer jusqu’à sept travées supplémentaires sans altérer le confort d’usage.
Le rampant de toiture de la remise permet de couvrir partiellement l’aire de lavage et de récupérer l’ensemble des eaux de précipitations pour des usages domestiques, notamment l’extinction de la maison à feux et le nettoyage. La remise participe également au bon zonage thermique et acoustique de l’opération, libérant la façade sud pour les locaux de vie et bénéficiant pleinement des apports solaires.
Une volumétrie au service du climat et du confort
La volumétrie générale est conçue pour accompagner les phénomènes naturels plutôt que les contraindre. Le projet exploite la dynamique des vents dominants afin d’améliorer le confort d’usage et la ventilation naturelle des locaux.
La maison à feux est protégée au nord-est par l’espace boisé existant et au sud-ouest par les bâtiments de vie, incluant l’hébergement en étage. Les toitures assurent une récupération complète des eaux pluviales, stockées dans le vide sanitaire sous la maison à feux. La disposition des volumes évite les réverbérations acoustiques stagnantes et favorise les phénomènes de pression et de dépression nécessaires à une ventilation naturelle efficace.
Une organisation intérieure optimisée
L’ensemble du projet est conçu autour d’une gestion rigoureuse et sécurisée des flux :
- Dissociation véhicules et piétons,
- Séparation départs et retours d’intervention,
- Distinction pieds propres et pieds sales.
À ces principes fondamentaux s’ajoutent plusieurs compléments fonctionnels majeurs. La remise est équipée d’une porte sectionnelle arrière facilitant l’entretien et anticipant les extensions futures. Le local d’alerte bénéficie d’une surveillance complète des flux entrants et sortants, y compris l’accès aux espaces sportifs mutualisables, et dispose d’un accès direct à la remise pour les besoins du Chef de Centre.
La travée VSAV et son local hygiène sont dimensionnés pour accueillir simultanément deux véhicules. Les rangements de matériels sont traversants, ouverts à la fois sur la remise et sur les locaux spécifiques, afin de réduire les distances et d’optimiser la maintenance. Les vestiaires hommes et femmes sont conçus de manière évolutive, permettant une adaptation progressive vers la parité par simple déplacement de cloison.
L’ensemble du bâtiment est organisé pour permettre à chaque utilisateur, quel que soit son statut ou son activité, d’accéder rapidement à son vestiaire : personnels en garde, en repos, en astreinte, en formation ou en activité sportive. L’hébergement bénéficie d’une toiture végétalisée renforçant l’inertie thermique et acoustique des chambres, avec une accessibilité future rendue possible par l’intégration potentielle d’un ascenseur.
Un site à la rencontre de la ville et du paysage naturel
Le site du centre d’incendie et de secours du Mans occupe une position privilégiée, à l’interface entre trois entités paysagères : la ville à l’ouest, la forêt au nord et les paysages bocagers semi-ouverts au sud-ouest. Cette situation singulière confère au projet une forte responsabilité environnementale et paysagère.
Le parti paysager s’appuie sur le rapport direct au site comme fil conducteur de la conception, avec l’objectif d’inscrire le projet dans la continuité du paysage existant tout en affirmant la présence d’un équipement public structurant.
Une intégration progressive entre ville et forêt
Le projet paysager vise à articuler le centre de secours entre la lisière urbaine et le massif forestier. Il s’appuie sur la ceinture boisée existante et sur les éléments structurants du site, tels que les voies et les orientations naturelles. Les plantations sont organisées en bandes successives selon un axe nord-sud, permettant une transition progressive entre les ambiances urbaines maîtrisées et les paysages plus naturels en limite Est de la parcelle.
Un bâtiment intégré dans un jardin naturel
Conscient de l’impact potentiel du bâtiment dans ce paysage de lisière, le projet refuse une implantation brutale sur un sol dégagé. Le centre de secours est conçu comme adossé au massif forestier, précédé de plans successifs composés du parking, des façades bâties et de la ceinture boisée en arrière-plan. Depuis l’avenue du Docteur Jean Mac, cette stratification paysagère crée une médiation visuelle entre l’usager et l’échelle de l’équipement, renforçant son intégration.
Une démarche environnementale affirmée
Le projet accorde une attention particulière à la préservation des milieux naturels existants, notamment à la protection de l’Helianthemum recensé sur le site. La gestion des eaux pluviales constitue un élément structurant du projet paysager : les eaux sont stockées ou infiltrées directement sur la parcelle grâce à des noues paysagères, des bassins d’infiltration et des toitures végétalisées.
Le parking, en evergreen, est intégré à un dispositif de récupération et de traitement des eaux de ruissellement permettant de filtrer les résidus d’hydrocarbures. Les eaux récupérées sur les toitures sont réutilisées pour l’arrosage des espaces verts et le lavage des véhicules.
La gestion différenciée des espaces paysagers privilégie des plantations adaptées au climat local, limitant les besoins en arrosage et en entretien, afin d’assurer la pérennité du projet et la maîtrise des coûts à long terme.
Le jardin filtrant, espace de transition
Situé au cœur du dispositif de gestion des eaux, le jardin filtrant constitue un espace d’articulation entre le bâtiment et le paysage. Véritable couloir végétal, il accompagne l’usager depuis le parking vers le bois habité en arrière-plan. Le végétal y joue un rôle de filtre visuel, de régulateur microclimatique et de support à l’appropriation des lieux, favorisant les échanges et la convivialité.
Le bois habité, toile de fond du projet
En fond de parcelle, le projet conserve une bande boisée conforme aux prescriptions environnementales, renforcée par des plantations ponctuelles évoquant les équilibres naturels de l’écosystème forestier. Cette trame verte ceinture le centre de secours et crée une continuité paysagère avec le bois de Changé. Les sols sont traités en gazon fleuri ras, garantissant une ambiance naturelle, une richesse floristique et un entretien extensif, sans arrosage et avec peu de tontes.






